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[CATCH-UP TV] Spleen, "Toxic" (Britney Spears cover - The Voice)

Le chanteur Spleen ne fait décidément rien comme les autres ! Hier soir, je fus abasourdie de le voir ainsi débarquer dans l'émission The Voice. Le très populaire télé-crochet de TF1 faisait en effet son grand retour à l'antenne pour sa troisième saison, sans Louis Bertignac dans l'un des quatre fauteuils de "coach", mais avec l'arrivée du chanteur Pop anglo-libanais Mika, un fort joli coup de la part de la production de l'émission, ce dernier ayant fait preuve dès le premier prime - j'y reviendrai un peu plus loin dans mon billet - d'une pertinence, d'une sensibilité et d'une culture musicale qui apporte au programme une nouvelle crédibilité. L'enjeu est important puisque The Voice se retrouve désormais en concurrence frontale avec Nouvelle Star, ressuscité l'année dernière par D8, et qu'il est commun d'opposer le côté trop consensuel du talent show de la première chaîne française (ainsi que son prédécesseur Star Academy) avec la branchitude très nouvelle scène de son pendant de la TNT. Entendez par là l'artillerie lourde mainstream (pour ne pas dire beauf) de TF1 vs l'impertinence et l'originalité de l'esprit Canal. Seulement voilà, hier soir, la donne a changé.

Peut-être suis-je dans l'erreur et que le dessein de Spleen n'est pas de réaliser dans The Voice le parcours d'un Julien Doré, peut être qu'il souhaite simplement utiliser le système à la manière d'une Maureen Angot ou d'une Olivia Ruiz claquant prématurément la porte de la Star Ac'. Lui seul sait ce qu'il est venu faire dans ce grand barnum cathodique. Toujours est-il que c'est en mode "braqueur", comme il a l'habitude de le faire à chaque fois qu'il s'incruste dans un media mainstream (je garde en mémoire ce fameux happening dans une émission de Marc-Olivier Fogiel où il était venu défendre, maladroitement, la condition du musicien auto-produit). Artiste en marge déjà auteur de trois albums, il a commis un formidable hold-up hier soir, via une relecture surréaliste et schizophrène du "Toxic" de Britney Spears. Ne nous laissant qu'une hâte, celle de voir comment sa douce folie va réussir à s'exprimer lors des prochains prime (si naturellement, il tient jusque là et que sa désinvolture apparente ne l'incite pas à tout plaquer, très vite).


L'interprète de "Tell Me More About U (Olivia)" - désormais à la recherche d'une certaine Mélanie - a logiquement atterri dans l'équipe de Mika qui a au passage reussi à donner, en l'espace d'une seule émission, une leçon de coaching à tous les membres de jury que les télé-crochets ont vu défiler depuis l’avènement de ce genre télévisuel en France. En intégrant Spleen dans son équipe de "talents", le chanteur Pop international a ainsi expliqué ce qui l'avait motivé à participer à The Voice : découvrir des artistes tels que Spleen, rechercher - plus qu'une voix - cette bizarrerie, ce qui peut, a priori, paraître imparfait puisque ne correspondant à aucun standard. Des profils atypiques qui, par leur différence, peuvent susciter de l'incompréhension voire des railleries, comme il en a subi lui-même à ses débuts. Reste donc à espérer que Spleen, quelque soit la durée de son parcours dans The Voice,aura l'occasion de bousculer un peu les codes de cette émission grand public et les habitudes d'écoutes de la ménagère de moins de 50 ans. Avec près de 10 millions de téléspectateurs rivés devant leur écran hier soir, la caisse de résonance du programme est si énorme que Spleen en ressort évidemment, et déjà, largement gagnant.



Plus d'infos sur Spleen : site officiel, Facebook.






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